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ile de paques

#Tourdumonde : Isolés sur l'île de Pâques

Nous voilà perdus au milieu de l’océan à des milliers de kilomètres du Chili. L’île de Pâques (de son nom d’origine : Rapa Nui) est l’une des terres habitées les plus éloignées du monde avec comme voisine la plus proche, l’île Pitcairn de 50 habitants à 2'078 km. Elle s’appelle île de Pâques tout simplement parce qu’elle a été découverte par un Néerlandais le jour…de Pâques ! Mystérieuse et dépaysante, l’île nous a fascinés : l’histoire de son peuple, les Moaïs ou encore le culte de l’homme-oiseau en font un endroit unique au monde. Nous avons adoré et ça a été un énorme coup de cœur.

Nous y sommes restés 3 jours et demi pendant lesquels nous avons quadrillé l’île à pied (56 km parcourus) et en véhicule avec guide (nous avions trop de questions, il nous fallait des réponses !). Nous avons reçu beaucoup d’informations et je vais essayer de résumer au mieux la passionnante histoire de cette île. Il faut noter que chaque explication qu’on nous donnait commençait toujours par « selon les archéologues », « selon la tradition orale », « il est possible que »… L’absence de certitude contribue bien au mystère qui entoure cette île bien qu’au final, le plus grand de tous soit le transport des Moaïs sur leur lieu de culte.

 

Jour 1 : Découverte de l'unique ville Hanga Roa


Sur l’île de Pâques il n’y a qu’une seule ville – Hanga Roa – où l’on trouve tous les hôtels et où se  concentre l’activité commerciale et touristique. Elle est petite, très charmante et au bord de l’océan. Notre hébergement était juste en face d’une petite plage avec des palmiers : très dépaysant et on nous a accueillis à la façon Polynésienne (l’île fait partie de la Polynésie) avec des colliers de fleurs fraîches : une première pour nous.
Nous nous sommes baladé le long de la côte qui est magnifique avec la roche volcanique, des petites falaises et le bleu de l’océan. Le coucher de soleil n’est pas mal non plus !

 

Jour 2 : Randonnée à l'Est et au centre de l'île de Pâques


Admirer le site de Tahai

 

Nous sommes partis longer la côte Est de l’île en assistant aux premiers rayons du soleil sur le site de Tahai où l’on trouve un Ahu (plateforme sacrée) avec 5 Moaïs alignés ainsi que deux autres à côté. Les statues, représentant les chefs de tribus ou des ancêtres déifiés, sont tournées dos à l’océan car elles avaient pour fonction de protéger les villages établis auprès d’elles et les regardaient donc. Il faut savoir qu’à l’origine tous les Moaïs avaient des yeux et aujourd’hui seul un Moaï les a retrouvés (ils étaient faits en corail et verre noir volcanique).

 

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Voir la grotte Ana Kakenga

 

Plus loin, nous sommes entrés dans la grotte Ana Kakenga (« ana »= « grotte ») qui donnait directement sur l’océan avec deux fenêtres dans la falaise: il y a de nombreuses grottes naturelles sur l’île, ce sont des tubes d’air dans la lave et les habitants s’en servaient en temps de guerre pour se réfugier et y dormir. Aujourd’hui, certains locaux y campent le week-end. Nous avons visité une autre grotte, Ana Te Paku, qui fait partie d’un grand réseau souterrain et à l’entrée de laquelle poussent des bananiers et avocatiers car l’humidité y fait prospérer la végétation.

 

Manger devant l'Ahu Akivi

 

Arrivés plus au centre de l’île, nous avons pique-niqué devant l’Ahu Akivi, impressionnante plateforme de 7 Moaïs avant de monter sur le plus haut sommet de l’île, le volcan Maunga Terevaka qui culmine à 511m (pas très haut oui !). De là-haut, nous avons eu une superbe vue sur toute l’île.

 

Jour 3 : Excursion à l'Ouest et au Nord de l'île de Pâques


Malgré la petite taille de l’île (161 km2), certains endroits restent loin d’Hanga Roa et nous avons préféré avoir au moins une journée avec un guide pour lui poser la tonne de questions que nous avions.

 

Visiter l'ancien village d'Akahanga

 

Nous avons commencé par les ruines d’Akahanga, ancien village avec un Ahu où l’on peut voir la base de maisons-bateaux (petites maisons dont le toit était en forme de canoë renversé et utilisées jusqu’en 1864) ou encore des fours que les habitants utilisaient (pierres chauffées et nourriture mise sur des feuilles puis recouverte de ces pierres). Les Moaïs sont ici à terre car ils n’ont pas été relevés et les ruines n’ont donc pas été restaurées.

 

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Grimper sur le volcan Rano Ranaku

 

Nous sommes ensuite allés dans l’un des endroits qui nous a le plus impressionnés : le volcan Rano Ranaku où se trouve la carrière des Moaïs, unique endroit où il y a la pierre utilisée pour leur fabrication. On y trouve de nombreux Moaïs à différents stades de finition, de différentes périodes et de différentes tailles. Ceux-ci ne sont jamais parvenus jusqu’à leur Ahu probablement à cause des guerres entre clans et le fait que la carrière ait alors cessé de fonctionner après 1000 ans d’activité (690-1680). Il y a 887 Moaïs sur l’île dont 397 encore dans la carrière. Le plus grand de tous mesure 21 mètres et est encore dans la roche. La fabrication se faisait dans cet ordre : profil, visage, corps puis côtés. Ensuite ils taillaient jusqu’à avoir un petit « pic » supportant le Moaï sur la roche puis faisaient des trous pour casser ce pic. Ils faisaient ensuite bouger le Moaï couché avec des troncs d’arbres et des cordes. On estime qu’il fallait 6 à 12 mois pour tailler un Moaï (ça dépend de sa taille). Chose très importante : un Moaï prenait vie seulement lorsqu’il atteignait son Ahu et qu’on lui mettait ses yeux.

Le plus grand Moaï fini mesure 13 mètres et on ne voit aujourd’hui que sa tête car le reste est enterré (ils l’ont déterré en 1956 puis recouvert pour le laisser tel quel). Dans la carrière, les Moaïs dont on ne voit ressortir que la tête sont debout : après avoir été détachés de la roche, on les faisait « glisser » dans un trou peu profond pour les maintenir debout et faire les finitions, notamment le dos. Certains Moaïs ont le dos avec des pétroglyphes. Nous sommes aussi allés dans le cratère où se trouve une lagune superbe (mais qui s’assèche) et d’autres Moaïs sur l’un des flancs intérieurs.

 

Arrêter le temps devant Tongariki

 

Nous sommes ensuite allés à Tongariki, lieu assez connu car c’est souvent la photo des 15 Moaïs alignés que l’on voit lorsqu’on parle de l’île. Ce qui est original ici, c’est qu’ils ont été redressés par une société Japonaise suite à l’exposition d’un Moaï à Osaka pour récolter des fonds. Je n’ai pas précisé que TOUS les Moaïs, sans exception, ont été renversés lors des guerres entre clans. L’île a été surpeuplée avec jusqu’à 20 000 habitants et des guerres ont éclaté entre le XVIIe et XVIIIe jusqu’à ce que les Français arrivent et évangélisent tout ce beau monde. Ceux que l’on voit aujourd’hui debout sur les Ahu ont été relevés plus tard lors des restaurations. La nature n’a également pas aidé à la conservation du patrimoine culturel avec un tsunami en 1960 qui déplacé des Moaïs mais qu’on a pu replacer grâce à des photos d’explorateurs les ayant vus avant.

Comment levaient-ils les Moaïs sur les Ahu ? Ils utilisaient un système de rampe avec un amas de pierre de plus en plus haut et des cordes. On a relevé un Moaï à la façon ancestrale en 18 jours. On voit quasiment toujours des images de Moaï sans pierre sur la tête alors qu’en réalité, chacun avait un Pukao posé dessus.  Ils les ont majoritairement perdus quand ils ont été renversés mais on les voit toujours à leurs pieds.

Au Nord, nous avons vu l’Ahu Te Pito Kura qui avait pour particularité d’avoir une pierre magnétique en son centre. Elle est aujourd’hui mise de côté et malheureusement, on ne peut plus l’approcher pour tester le magnétisme !
Pour finir cette belle journée de découverte, nous sommes allés à la seule plage de sable de l’île, Anakena, où se trouvent 7 Moaïs alignés : le lieu est splendide et c’est encore un paysage différent.

 

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Jour 4 : Randonner au Sud et à l'Ouest de l'île 


 

Admirer la vue depuis le volcan Rano Kau

 

C’est parti pour l’ascension du volcan Rano Kau culminant à un petit 324m : à l’arrivée, c’est un panorama splendide qui nous attend avec un cratère parfaitement circulaire et une lagune couverte de végétation. L’océan en arrière-plan complète parfaitement le tableau. Plus loin, nous avons découvert les ruines du village sacré d’Orongo : celui-ci a été construit dans le cadre du culte de l’homme-oiseau et ne servait qu’une fois par an entre le XVIe et le XIXe siècle. Chaque année au Printemps, des chefs ou leurs représentants participaient à une compétition qui consistait à aller chercher un œuf de Manutara sur le Motu d’en face (ilot) à la nage et grimper les falaises avec celui-ci attaché à la tête. Le premier arrivé devenait un personnage sacré (intéressant en termes de pouvoir pour la tribu qu’il représentait) et vivait reclus pendant un an, c’était l’homme-oiseau. A cette époque, la croyance envers les ancêtres avait peu à peu laissé place à ce nouveau culte. Les maisons sont construites de manière totalement différente des maisons-bateaux car c’est une autre époque plus récente et ils ont utilisé ici des pierres du volcan.
Nous sommes ensuite redescendus vers Vinapu, un Ahu particulier car il présente une construction similaire à celle des Incas (coïncidence ? On ne sait pas !) avec des pierres taillées de manière très méticuleuse et régulière. C’est le seul qui est comme ça sur l’île.

 

Un détour par la carrière des Pukao


Nous avons terminé la randonnée par le volcan Puna Pau où se trouvait la carrière des Pukao : on peut en voir de très gros là-bas car ils étaient taillés plus finement une fois arrivés sur l’Ahu. En repartant, nous avons fait un arrêt à l’Ahu Huri a Urenga qui semble un peu oublié avec son Moaï à 4 mains dont on ne voit plus beaucoup de détails. Malheureusement la détérioration des Moaïs est un problème de taille et ils testent depuis quelques années des traitements chimiques pour les conserver.

Une autre activité sur l’île de Pâques est la plongée : il y a des eaux parmi les plus claires du monde mais malheureusement il n’y a pas beaucoup de poissons car pas de barrière de corail. Il y a donc des formations rocheuses à voir mais aussi des Moaïs sous l’eau : nous avons appris qu’ils avaient été placés là exprès pour les touristes donc rien d’historique là-dedans !


Et le mystère du transport des Moaïs dans tout ça ?

Il n’y a pas vraiment de preuves archéologiques pouvant démontrer la façon dont ils parvenaient aux Ahus qui pouvaient être à des dizaines de kilomètres de la carrière. Plusieurs théories ont été testées par des archéologues sur place et notre guide avait même participé à l’un des tests dans les années 1980. Ils ont placé un Moaï sur des troncs qui roulaient et en ramenant chaque fois les troncs à l’arrière devant. Ça fonctionnait mais uniquement sur un terrain bien plat…D’autres ont utilisé des cordes avec 40 personnes de chaque côté du Moaï et l’ont déplacé comme on bougerait un meuble en l’avançant une fois à gauche, une fois à droite. Ça a fonctionné et ça pourrait expliquer pourquoi la légende dit que les Moaïs « marchaient » jusqu’à leur Ahu. Sinon il reste toujours la théorie des extra-terrestres venus les déplacer…

 

Anne & Olivier

 

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